En mode suricate !

Après 2 mois la tête collée dans le guidon, voilà enfin un petit passage de roue libre ou comment passer du mode autruche au mode suricate. Depuis fin mars, la maison GoodPlanet a en effet dû gérer 2-3 soucis mais rien de bien original à Mada : démêler les fils fait partie intégrante de nos fiches de poste par ici !

Ca a d’abord commencé, en ce qui concerne le projet carbo-forestier, par un divorce à l’amiable avec l’ONF Int, un de nos plus gros partenaires désormais remplacé par l’ami Clovis (remember the podologue last summer !) qui vient d’intégrer la maison moustache et de redébarquer au bled. En plus de sa science des sols et des images satellite, il va de nouveau pouvoir me servir de sparring partner sur les cours de tennis. Ah son fameux coup droit entre les jambes !…

Ca s’est poursuivi avec la suite des aventures du projet de compostage des ordures ménagères de la ville de Majunga qui après moult rebondissements dignes des plus mauvaises séries latino se remet enfin en marche grâce à Madacompost, SARL de droit malgache.

Enfin, on a eu droit à la visite de Matthieu (le boss) et de Baptiste (collègue composto-biogazien) récemment passés au pays pour appuyer les projets en cours et ceux qui sont dans les tuyaux (agroécologie avec Agrisud notamment). Ci-dessous, toute la bande en balade, dans les champs de Jatropha et de Paulownia (le nouvel arbre “miracle”), autour des tas de compost et enfin en “construction d’équipe” dans les forêts d’Andasibe, au cul des lémuriens.

Allez, encore 10 jours de taf en cette période pré-hivernale et il sera temps de migrer vers le Nord pour vérifier si le sable y est aussi fin que l’année dernière… En plus du traditionnel Donia de Nosy-Be, ce ne sera finalement pas Nosy-Hara mais l’archipel des Mitsio qui devrait constituer une jolie solution de remplacement… La suite au prochain billet !

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L’appel de la forêt

Non, je ne me suis pas tranformé en Jack London des Tropiques et Babou, le canidé de la coloc n’ a rien de Croc-Blanc. C’est plutôt qu’après deux mois passés dans les tentacules de Tana, la chlorophylle tape de nouveau à la porte… Non pas qu’on vive à Baltimore Ouest (cf The Wire, cette fucking fresque ultraréaliste sur l’envers du décor US) ou que je ressente le besoin irrépressible de regoûter aux “joyeusetés” des missions de 2010 mais aller prendre l’air au coeur des bois ne serait pas de refus. Ca me libèrerait du stress intense de ces deux dernières semaines de taf, de ces méthodos REDD de 190 pages qu’il faut se farcir en 4eme vitesse (tout en anglais of course),  de l’agressivité de cette capitale et de l’empâtement en cours…

Ca me changerait aussi de la politique locale qui nous promet toujours des élections fantômes qui permettraient de régulariser la situation du pays vis à vis de la sacrosainte communauté internationale et de ses brouzoufs… Heureusement, le nouveau gouvernement (nommé hier) devrait nous sortir de là. Mmhh…

En attendant la vraie balade prévue courant mai vers Farafangana (des amateurs ?) et l’ouverture d’une page raboulilienne consacrée à mes forêts chéries, je me contente donc des survols de la maison GoodPlanet et de ce film réalisé par YAB à l’occasion de l’année internationale des forêts. Bonne balade !

Heureusement, il reste aussi quelques magnifiques antidotes à cette vie ultra urbaine, à commencer par ma douce qui reprend tranquillement ses marques par ici en attendant d’avoir retrouvé du taf. L’oasis d’Ambanidia et sa coloc sont également salvateurs quand il s’agit d’aller taquiner la balle de ping-pong dans le jardin ou encore de faire danser les verres de toaka et de raisin. Enfin, une mission se dessine très prochainement à Majunga, la grande ville côtière du nord-ouest (avec son hôtel “Chez Tranquille”!) et les vacances de début juin ne sont plus très loin ; le Festival de musique de Nosy-Be et le petit tour au Camp Corail devraient nous détendre pour un bon moment !… D’autres amateurs ?!

Sharks vs Indris

Une fois n’est pas coutume, la reprise s’est faite sans avoir à enchainer une mission du bout du monde. Après quasiment 3 mois à faire du gras, ç’aurait été en effet délicat de se jeter direct dans les tentacules de mes forêts chéries (!?), en pleine saison des pluies… Cette année devrait donc davantage ressembler à une période de transition pour moi et pour GoodPlanet Mada.

Au menu, la création d’une SARL dont je serai l’un des associés pour composter les ordures ménagères de Majunga, le bilan carbone de producteurs de haricots verts que vous retrouvez certainement dans vos assiettes si vous n’êtes pas très “marché de proximité” et l’écriture d’un gros projet agricole à vocation climatique bien-sûr !  Car en développant des pratiques agroécologiques, non seulement on accroit les rendements mais on réduit les émissions de GES. Dingue, non ?

Bien-sûr, on n’abandonne pas complètement les forêts mais Raboulil va cette fois sous-traiter un max car il n’est pas trop calé en modélisation de la déforestation, la dernière étape de notre comptabilité carbone. Pour ne pas perdre la main, je reviens quand même de la forêt bien humide d’Andasibe (cyclone actuellement en balade sur le pays…), le fief des Indri-Indri : le plus grand et surtout le plus bruyant spécimen de la Lémurie :

Toujours pas croisé de congénères au bord de l’explosion mais très heureux d’avoir guidé Rob Stewart (Sharkwater), Julie Andersen (Shark Angels – voir la video ci-contre) et Paul Wildman (caméraman) dans leur quête d’images destinées à Rise Again, le nouveau docu de l’ami Rob sur l’état de dégradation/beauté des écosystèmes (sortie prévue fin d’année).

Du coup, me voilà invité à plonger avec les requins à Durban en décembre prochain. Et je ne parle pas là des négociateurs du climat que l’on retrouvera pour une nouvelle conférence, comme tous les ans à la même période.  Histoire de voir ce qu’ils ont dans le ventre…

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Portefeuille et Porte-voix

Ce long périple en terres occidentales s’achève donc ce dimanche. Après les Amériques, c’est dans notre bonne vieille France que nous nous sommes baladés. Quatre semaines de coupure, voilà de quoi recharger copieusement les batteries avant d’aborder la dernière année de projet à Madagascar. Florilège en images :

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Bon, si ce passage au Nord fait toujours du bien (à la restauration des poignées d’amour, à l’entretien des lointaines amitiés, au rafraîchissement des tympans et des papilles) il questionne aussi beaucoup.

Voir Hortefion squatter l’année du zapping, sentir les prédateurs de tous poils se lécher les babines en vue de l’après “crise”, bien-sûr çà met la bave aux lèvres et çà réveille les pulsions révolutionnaires. Même Cantona s’y est mis mais franchement, avant d’assouvir ce besoin français de brûler les plaines et de pendre haut et court, d’autres révolutions autrement plus efficaces pourraient être menées. Celles de tous les jours et notamment de notre mode de consommation. Certes, c’est moins sexy que de brandir le poing mais quel impact mes amis ! Et s’il ne devait y avoir qu’un exemple, je reprendrais celui de Canto. A quoi bon mettre à bas tout le système bancaire ? Et après ?! On emprunte à sa grand mère en cas de coup dur ou de besoin ?! Pourquoi ne pas plutôt se tourner vers des banques plus vertueuses (Crédit Coop represent !) et ainsi mettre la pression sur les autres ? Ce n’est apparemment pas ce qu’a choisi Canto en faisant migrer une toute petite partie de ses fonds vers le… Crédit Agricole ! Ah la bonne blague… Encore un sacré révolutionnaire, celui-là…

Je suis occidental, j’ai un travail : je fais donc automatiquement partie des 10% de personnes les plus riches de la planète. Mon pouvoir, c’est donc bien davantage mon portefeuille que mon porte-voix. Le revenu moyen français est actuellement de 1600€/mois. Juste pendant ses 42 ans de vie active, un français moyen disposerait donc de 806 400 € pour influer sur l’économie, rien que çà !…

Alors bien-sûr, rien n’est parfait (cf Les tribulations d’un consommateur ordinaire qui se prenait pour un écolo exemplaire) et tout est finalement davantage question d’amélioration continue plutôt que de révolution mais de multiples solutions nous sont maintenant proposées, notamment quand on vit au Nord. Banques, alimentation, déplacement, habillement, santé, culture, etc, toutes les alternatives sont dans la nature et peu importe qu’on parle de Simplicité Volontaire ou de Collaborative Consumption, l’idée de base reste la même : Moins et Mieux !

Alors en 2011, en attendant de dégainer les bulletins de vote de 2012, on dégaine les portefeuilles ?! Alefa !!

France-Amériques

Un mois sans se coucher sur le clavier, c’est une petite éternité mais il faut dire que les dernières semaines ont été bien denses : Mami et moi sommes d’abord allés faire un tour en Californie, entre San Francisco et l’Université de Stanford. Et pour tout dire, c’était un grand plaisir que de découvrir ce campus mythique et de revisiter cette cité du far west, paisible et foisonnante à la fois. Bon, çà n’a pas été toujours très facile de bosser avec Greg Asner, le chef du labo d’écologie mais çà restera au final une excellente expérience. Intéressant également de voir à quel point certaines parcelles de Californie s’engagent dans la révolution verte. Il reste bien du chemin à parcourir mais comme dab, si les ricains s’y mettent sérieusement, çà peut envoyer sévère ! On n’oubliera pas non plus notre premier Thanksgiving en compagnie des étrangers du labo, dont JB, ze frenchy de la bande. La vidéo de Greg en train de danser chez lui sur Thriller pourrait bien être valorisable un jour sur la toile…

Ensuite, c’était direction le Mexique, enfin presque… puisque nous étions plus exactement à Cancun pour la conférence sur le climat. Autant dire que nous étions plutôt en territoire US en mode décadence avancée… Avant de s’effondrer, l’empire romain devait avoir des allures cancunesques : on se gave sans réaliser une seule seconde ce qui nous entoure… L’anti-tout : des bordées d’hotels tous plus m’as-tu-vu les uns que les autres, de la grosse bagnole, de la bouffe dégoulinante, des gros bides qui se trainent entre plages et bars à blondes décolorées. Même la couleur de l’eau turquoise semblait artificielle… Quand on aperçoit un petit bout de ce que les Mayas avaient bâti dans la région, il y a de quoi demander pardon…  Heureusement, nous étions logés aux frais de la princesse bien plus au sud et bien plus au calme, dans un hôtel luxueux (pléonasme cancunesque) qui venait d’ouvrir ses portes. Ca oui, un duplex avec un king-size bed, un jacuzzi, un solarium et une piscine-serpent de 300m de long, çà change des missions dans le Tsaratanana !!! Et je vous parle pas des visites virtuelles en forêt organisées par Google Earth :

Côté conférence, rien de nouveau (ou presque) sous le soleil : Obama est quasiment pieds et poings liés depuis les élections de mi-mandat et comme tout le monde attend les US pour bouger, nous voilà bien embarqués… Maigre consolation, la lutte contre la déforestation a enfin fait l’objet d’une véritable décision ; tous les travaux engagés partout dans le monde sur le sujet ne devraient donc pas rester vains, du moins j’espère… C’est d’autant plus intéressant que grâce au projet à Madgascar, la maison GoodPlanet commence à être bien reconnue/connectée sur la petite planète forêt/carbone. Voilà d’ailleurs le reportage d’une télé suédoise en balade à Fandriana, sur l’un de nos sites d’intervention :

Cerise sur ce (petit) gâteau mexicain : Mami et moi avons été interviewés par Robert Stewart, le bouillant militant des Seigneurs de la Mer, qui consacre son prochain film à Madagascar et vient tourner chez nous en mai. On va l’emmener au Donia, je pense…

Depuis, je suis rentré me cailler les miches entre Paris et Normandie et je savoure les vacances qui viennent de débuter. Au menu : planche à neige, reblochonnade, raboulildingue, etc… Le tout entrecoupé de grosses sessions sous la couette… Histoire de se préparer comme il faut à la dernière ligne droite de notre projet en malgachie. Et après ? We’ll see !

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Ma circoncision est beaucoup trop grande !

C’est donc décidé, depuis mon motel de California Avenue (?!), je viens vous narrer ce mois d’octobre dans le massif du Tsaratanana. Un vrai choc des mondes !

Et pour débuter en fanfare, voilà donc tombée la plus belle phrase de cette dernière mission de l’année en terre malgache. Tout droit sortie de la bouche du délégué de Mangindrano (Manguin’djan’) qui voulait parler de ses difficultés à couvrir l’ensemble de sa circonscription… Nous ne l’avons évidemment pas repris pour que d’autres visiteurs puissent en profiter !

Bon, pour les familles des victimes, il me faut d’abord préciser qu’on a ramené tout le monde et que c’était pas forcément gagné ! Notamment quand Cécile a préféré se tordre la cheville pour se faire encore un peu plus dahu(e) sur les pentes locales. Chapeau quand même Miss ! Elles sont très peu nombreuses à pouvoir nous accompagner là-haut, je pense.

Mais surtout quand Johannes a un jour préféré partir devant comme un gagnant et se perdre dans les forêts les plus reculées du pays jusqu’à 21h, sachant qu’il fait nuit à 18h… qu’il n’avait ni lampe, ni feu, ni vêtements chauds (etc) et que l’intéressé se mariait la semaine suivante à Maurice… Un vrai bon dernier trip de célibataire ! Alors que nous avions momentanément abandonné nos recherches (sic), Jo’ nous a finalement retrouvé, guidé par le grand feu que nos collègues malgaches avaient lancé. Il était certes un peu écorché par les multiples chutes dans la forêt et les rivières mais il était bien là, pour notre plus grande joie. Heureusement parce que c’est quand même un peu vaste la forêt par ici ! C’aurait pu être un peu longuet comme balade…

Ensuite dire que même si nous (Ghislain et moi) aurions bien aimé nous la péter (cf la vidéo ci-dessus), il nous a été impossible de rallier le Maromokotra (Maroumoukoutch’), le plus haut sommet de Mada car 1) faire du 1,5km/h sur les “chemins”, çà fait quand même pas bézef par jour 2) le genou de Ghislain avait sauté depuis longtemps déjà (c’est que le Raboul’ a maintenant 2 ans d’entraînement dans les pattes, mon lapin…) 3) on n’avait pas acheté le poulet blanc qu’il faut sacrifier au sommet et 4) on a appris qu’on n’avait pas le droit de se déplacer les mardis sur le chemin concerné ! Du coup, un mardi, on a dû glander toute une journée au bord de la rivière pour reprendre la montée le mercredi. Je vous rassure, on s’en est accommodé… Surtout que Ghislain, pour maintenir mon moral à flot, avait amené 3 litres de rouge et du pastis. Merci l’ami ! C’était parfait avec l’aligot aveyronnais et autres truffades lyophilisés. Ou comment boire (et manger) pour oublier ! Car même si on en rigole, ce genre de missions, c’est à peu près 10% de moments magiques pour 90% de moments pas fun pour un sou :

J’étais donc à l’époque encore un peu en dedans… Sortir d’une semaine de vacances magiques à Nosy-Be et être brutalement privé un mois entier de ma douce Dianatomique (oxymore ?), j’avoue que çà m’a quand même sérieusement fait chier… J’adore le tree-hugging mais j’aime aussi pas mal le grilfriend-cajoling et le dry-humping !… Heureusement, Cécile, Johannes, Ghislain et la vingtaine de collègues malgaches qui nous ont successivement accompagnés m’ont été d’un grand secours pendant ces moments de nouveau délicats. Pas évident de commencer à compter les jours quand il en reste 25… Avec réveil à 5h du matin, prise de pente pleine gueule, crapahutages intensifs et le petit bonus de la maison : ces saloperies de moka fohy (mouka fou’), une sorte de moucheron-moustique aux piqûres aussi douloureuses que celles de nos taons. Franchement, j’aurais pas pensé à l’inventer cette bestiole…

Mention super spéciale dans ces incontournables remerciements à l’équipe de Mangindrano et encore plus particulièrement à mon pote Alain qui avait déjà été de la mémorable mission de 2009 et qui est décidément un très, très chouette type. J’ai adoré nous revoir en photo dans les couloirs du siège d’Air France à Paris ! Et j’ai évidemment totalement succombé à son imitation du kalanoro (kalanour’) qui est à ma connaissance une première mondiale ! Attention, grosse exclu ! Plus de détails au bas de la page Voahary

Enfin, et c’est aussi assez important (si jamais mon boss Matthieu vient à lire ces lignes), il semble qu’on ait correctement fait le taf et qu’on puisse sortir des vues 3D assez fabuleuses de ce mythique massif forestier. C’est du moins ce que nous ont rapidement dévoilé les collègues de l’institut Carnegie (Universite de Stanford – San Francisco) où votre serviteur vient de se faire casser la tête par une belle concentration de neurones au m2… Images satellite, laser aéroporté, etc, évidemment, c’est plus confortable mais c’est aussi un peu plus compliqué que des inventaires forestiers…

Plus de détails dans le prochain billet… Loin mais alors très loin des montagnes du Tsaratanana, de sa rudesse et de son authenticité. Bon, à dire vrai, naviguer entre ces deux mondes diamétralement opposés n’est pas forcément de tout repos mais çà claque quand même sa mère ! So, see ya ééé !

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